Mise au point

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Comme vous le savez, je me suis porté candidat Ecolo à Verviers pour les élections communales du 14 octobre 2018. A cette occasion, j’ai fait l’objet de deux articles malveillants dans une certaine presse pour lesquels je suis resté très discret dans l’attente de l’annonce des candidats stratégiques, en avril 2018.

A présent, je souhaite y répondre et clarifier certaines choses. La politique est un monde rude, avec des moments de rencontres passionnants avec les citoyens et d’autres qui sont plus éprouvants. Mais comme le dit Nelson Mandela : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends ! »

Le 8 mars 2018, la journaliste M.-C. Royen du magazine Le Vif/L’Express a rédigé un article intitulé « Malaise chez Ecolo » en dressant un portrait de mes engagements contenant des informations inexactes et très orientées dans le but de me nuire. Par le passé, le Conseil de Déontologie Journalistique avait déjà remis un avis qui pointait les manquements à la déontologie journalistique de Mme Royen.

J’ai demandé, au travers de mon conseil, la publication d’un droit de réponse dont vous trouverez le contenu sur le lien suivant (et publié dans le numéro de ce jeudi 28 juin 2018 en pages 32 et 34 de l’hebdomadaire) : http://www.levif.be/actualite/magazine/droit-de-reponse/article-normal-859681.html

 

DROIT DE REPONSE

« Nous avons reçu ce droit de réponse de monsieur Hajib El-Hajjaji, après la publication de nos articles « Malaise chez Ecolo » (Le Vif/L’Express du 8 mars 2018) et « Ecolo-Verviers : une liste consensuelle » (Le Vif/L’Express du 26 avril 2018). Monsieur Hajib El-Hajjaji a également déposé une plainte contre Le Vif/L’Express et Marie-Cécile Royen au Conseil de déontologie journalistique (CDJ), concernant ces deux articles.

Je souhaite rétablir la vérité au sujet de ma personne et de mes engagements suite aux accusations d’appartenance aux Frères musulmans, que je conteste. Puisque le début de l’article litigieux mentionne des éléments de mon cadre familial, je souhaite d’abord y répondre brièvement en me présentant.

Jeune Belgo-Marocain éduqué dans un « catholicisme social bienveillant »

Né à Verviers en 1981, j’ai été scolarisé dans le réseau scolaire catholique (Ecole la Providence, Institut Saint-Michel Verviers) pour accomplir des études d’ingénieur industriel à l’Institut Supérieur Industriel Gramme (HELMO), à Liège. Mes parents, d’origine marocaine et de confession musulmane, avaient fait le choix de m’inscrire dans une école catholique parce que l’enseignement y était de qualité et parce qu’ils ne voyaient pas de contradiction à ce que leurs enfants puissent s’ouvrir à la diversité culturelle et religieuse. C’est ainsi que j’ai grandi dans un environnement marqué par un « catholicisme social bienveillant » envers tous les élèves, combiné à une exigence scolaire pour les matières scientifiques. Cela m’a permis de m’épanouir, de me sentir respecté et valorisé durant toute ma jeunesse.

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J’ai consacré dès mon adolescence mon temps et mon énergie dans l’associatif (soutien scolaire, football au club de Hodimont…). Issu de la culture méditerranéenne, les moments en famille occupaient aussi une place importante dans ma vie. J’ai été éduqué entre deux cultures, mais sans les opposer ou les hiérarchiser. J’ai reçu une éducation familiale chaleureuse où l’accent était mis sur la réussite scolaire, le respect de soi et des autres, ainsi que la justice sociale et la solidarité. Mes parents m’ont transmis ces valeurs fortes, sans nécessairement y mettre des mots ou de grands discours moralisateurs, en saisissant les différentes occasions que la vie nous présentait.

Je n’ai jamais fait l’objet de racisme ou de discriminations durant mon enfance et mon adolescence. J’ai eu la chance de grandir avec des professeurs aimables, des amis et des connaissances, comme les autres jeunes de mon âge. J’ai pu rencontrer des personnes motivantes qui m’ont permis d’assumer, déjà très jeune, des responsabilités : délégué de classe, étudiant engagé dans le mouvement Oxfam Solidarité en secondaire, concours d’éloquence à Spa…

J’ai fait le choix à 24 ans de m’engager en politique, au niveau local. Je voyais mon engagement politique comme un prolongement de mon engagement associatif. J’ai eu une première expérience de conseiller communal en 2006 (630 voix) et j’ai pu contribuer au développement de ma ville et de ses habitants. Je me suis investi à fond dans les matières communales et sur une série de sujets aussi divers que variés : économie d’énergie, sport de quartiers, diversité dans l’administration (motion Obama votée à l’unanimité du conseil communal), analyse du budget communal, soutien aux écoles de devoirs, fresques BD, apprentissage des langues, services publics dans les quartiers populaires, etc.

J’ai donc, durant toute ma vie, grandi loin d’un quelconque « repli communautaire ». Je ne me suis jamais senti en marge de la société, car cette société m’a permis de devenir ce que je suis : un citoyen éduqué, éveillé et engagé, ouvert sur les autres et sur le monde.

D’où proviennent les accusations de « Frères Musulmans » ?

C’est en 2008 qu’une « fondation » américaine inconnue appelée NEFA, se révélant en fait être un lobby néoconservateur américain proche des milieux ultrasécuritaires et d’extrême droite, a publié un rapport en anglais sur les Frères musulmans en Belgique. Dans cet article, mon oncle Mohamed El Hajjaji a été cité comme membre de ce réseau, parce qu’il était président d’une organisation humanitaire qui soutient des orphelins palestiniens. Ce rapport visait notamment à pointer des soutiens palestiniens dans divers pays. Par ce biais, l’auteur du rapport qui écrivait sous couvert d’un faux nom, a recherché d’autres personnes portant le même nom de famille et c’est ainsi que mon autre oncle Abdeljalil El Hajjaji et moi-même étions associés à cette confrérie.

Je fais partie d’une génération d’acteurs qui, malgré certains procès d’intentions récurrents, continueront à s’engager pour la société, avec la même détermination à faire avancer les choses en restant serein et fidèle à leurs convictions profondes et leurs valeurs. Cela participe de la « normalisation » que j’appelle de mes vœux. Peut-être ai-je trop de convictions pour faire de la politique, mais j’agis en toute transparence et j’estime ne pas devoir modifier ma façon d’agir pour rencontrer, voire conforter, les préjugés de ceux qui me font des procès d’intention.

Bien que l’article porte sur mon engagement politique, l’article litigieux s’est focalisé sur des aspects religieux qui relèvent de ma vie privée, voire mentionnent d’autres faits qui me sont étrangers et qui n’entrent pas du tout en compte avec le sujet annoncé. Tous mes autres engagements « non religieux » ont été volontairement omis et je tiens à les rappeler ici : membre de la Ligue des droits de l’homme, coopérateur à Habitat In Vesdre (rénovation de logements), à la NewB (banque coopérative), membre de la Maison Verviétoise de l’écologie, secrétaire d’un club de mini-foot, consultant diversité en entreprise, formateur et médiateur interculturel, représentant syndical, responsable d’une école des devoirs… En termes de soutiens financiers, je contribue aussi à plusieurs causes : Imagine Demain Le Monde (magazine sur le développement durable), Test-Achats, Mediapart, Le Monde diplomatique, Cap 48, Télévie…

Mes convictions profondes et mon engagement politique

Puisque cet article dépeint de manière très spéciale mon engagement politique, je souhaite dans ce droit de réponse rappeler le sens de mes engagements. J’ai été éduqué et j’ai grandi dans un pays démocratique, dans un pays de liberté, qui adhère aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme. J’ai notamment récité par deux fois dans ma vie la phrase : « Je jure fidélité au Roi, obéissance à la Constitution et aux lois du peuple belge » (pour devenir maître-assistant en haute école et pour être mandataire).

J’adhère à l’héritage des lumières et à celui de la pensée (auto)critique, de la déconstruction dans une optique postmoderne. Je n’ai nullement envie de vivre dans une société où le conformisme social serait dicté par une quelconque autorité religieuse et je distingue bien ce qui relève de la sphère politique et de la sphère religieuse qui ne peuvent être confondues, sous peine de mener aux dérives que l’histoire nous a enseignées. Ce qui fait la force de nos démocraties, c’est leur capacité à poser la question du sens, non pas à partir de dogmes, mais à l’issue d’un débat public contradictoire et dans des assemblées représentatives plurielles. Notre Constitution est garante des fondements de notre État de droit et des valeurs démocratiques. Mon engagement se fait dans le respect entier de ce cadre.

Les fondements idéologiques de mon engagement politique sont Hannah Arendt, Pierre Bourdieu, Pierre Rabhi, Susan George, Edgar Morin, Alain Touraine, Mohamed Taleb, Rob Hopkins, Henry David Thoreau… Ces intellectuels nourrissent ma réflexion sur le monde et les solutions durables à construire de manière collective. En 2014, j’ai d’ailleurs été 2e suppléant pour les élections européennes (12 930 voix) et j’ai éprouvé une grande fierté d’avoir contribué à faire élire Philippe Lamberts qui réalise un travail impressionnant au niveau européen. J’ai notamment eu l’occasion de défendre publiquement sur une télé locale le projet des écologistes et je défie quiconque de prouver une quelconque trace de communautarisme dans mon intervention ; comme pour celle en tant que co-président local ou actuel candidat pour les élections communales de 2018.

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En se focalisant sur mon appartenance religieuse et en cherchant à me coller une étiquette « communautariste », cet article m’enlève ma place d’acteur politique, capable d’agir en tant que tel, pour m’enfermer dans l’échelle des préjugés récurrents et communément répandus sur les Arabes, les musulmans et les étrangers. En clair, on me refuse le droit d’agir au nom de l’universel de nos valeurs, à partir de ma perspective convictionnelle, malgré un engagement public de plusieurs années au service de l’intérêt général. Comme l’a démontré le sociologue français Fabrice Dhume-Sonzogni, après avoir analysé un corpus de productions journalistiques et politiques, l’accusation de communautarisme est en réalité une « catégorie polémique visant à disqualifier un adversaire » (1).

Pour conclure, et à la lumière des arguments de mon droit de réponse, j’estime que le « communautarisme » présent dans ces articles relève bien de l’attitude de leur auteure que j’estime sélective et très orientée, et non pas de mes engagements ou de ma personne. Ce n’est pas ma vision du journalisme et je demande que cesse cet acharnement contre moi.

Je tiens à préciser pour terminer que j’ai la plus grande considération pour le travail des journalistes et la liberté de la presse – qui doit être protégée et garantie, mais j’estime qu’il convient d’exercer cette liberté dans le respect de la déontologie journalistique qui donne un cadre et des balises. Il existe une  » responsabilité sociale inhérente à la liberté de la presse « qui doit guider le travail des journalistes, comme le rappelle le préambule du Code de la déontologie journalistique ».

(1) F. Dhume-Songozi, Communautarisme : l’imaginaire nationaliste entre catégorisation ethnique et prescription identitaire, VEI Diversité, n°150, septembre 2007.

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« Bravo Hajib pour ton « droit de réponse » dans Le Vif-L’Express ! C’est bien argumenté et surtout très utile pour qu’à l’avenir, on cesse de renvoyer les enfants d’immigrés à leur communauté. Bonne chance dans la suite de tes activités ! »

Marie

« Super Hajib ! Merci d’avoir pris soin de répondre point par point. Certains « journalistes » ont effectivement besoin qu’on les recadre »

Claudine